La Psychanalyse dans la cité

70 jaren van de BVP Conferenties en teksten Geschiedenis

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Depuis le début des années 2000, un vent d’ouverture a soufflé sur notre société qui était si discrète.

Certes, les analystes de la SBP s’étaient investis auparavant dans des formations, mais en dehors de la SBP. En effet, nous avions déjà le souci de nous adresser aux plus jeunes et de leur donner une image vivante et clinique de la psychanalyse: la création du «groupement» et de la «formation à l’infantile», en partenariat avec ce qui était alors la ligue d’hygiène mentale, a été la première ouverture vers l’extérieur. Quelques années plus tard, la création de l’Ifisam et du Gercpea est venue confirmer ce souhait.

Il faut aussi souligner la participation à la formation des étudiants en psychologie ou en psychiatrie de nombreux collègues, que ce soit à l’ULB, l’UCL ou l’ULG ainsi qu’à la formation continue. Avec une mention particulière pour nos collègues néerlandophones qui, malgré leur plus petit nombre, sont actifs depuis plus longtemps encore à la KUL, au niveau de l’université et de la formation continue.

Venant de l’intérieur de la société, la création de la Revue Belge en 1982 a été la première vitrine qui a permis de développer et de partager notre manière propre de penser la psychanalyse, caractérisée par l’articulation constante de la théorie et de la clinique.

Mais le vent nouveau qui a soufflé depuis les années 2000 a été porté par le projet et l’achat de notre maison, symbolisant notre souhait d’ouverture.

C’est à ce moment là, comme Claire Remy vous l’a montré, que nous avons commencé à «rêver» notre maison. Il a fallu du temps pour faire mûrir le projet mais déjà il donnait une première impulsion: en effet, c’est en 2007 qu’a eu lieu le premier «Colloque ouvert», à Kortenberg, devenu simplement le «Colloque de Kortenberg». Depuis, il a lieu tous les deux ans, le prochain aura lieu en 2017.

Et puis, en 2008, c’est la création de Psymmo qui a permis d’acheter en 2010 la «maison», comme nous l’appelons familièrement entre nous.

Depuis lors le mouvement s’est bien accéléré: en 2011, la création des «Séminaires du mercredi»; l’année suivante, le cycle des séminaires de lecture de Freud, à la maison mais aussi à Liège; puis les séminaires «Bion», en français et en néerlandais. Et cette année enfin, l’ouverture à la conférence de notre invité Michael Parsons, de la British Society.

Du côté néerlandophone, il faut aussi souligner le succès de l’Université d’été, organisée par la SBP en partenariat avec les sociétés hollandaises.

Il faut aussi parler de l’ouverture européenne: italien, anglais, grec, allemand, espagnol, plusieurs de nos collègues sont bilingues et participent activement à l’ouverture de notre société vers l’extérieur.

Je ne dirai qu’un mot de notre engagement à la Fédération Européenne de Psychanalyse et à l’Association Internationale de Psychanalyse mais il faut savoir que de nombreux collègues s’y sont investis au fil des années et que notre société y est vraiment reconnue.

Plus récemment, avec des collègues de différentes associations, nous participons à la CAOP, Confédération des associations d’orientation psychanalytique, pour défendre les valeurs de la pensée psychanalytique. Après les événements douloureux de mars dernier, la collaboration avec la CAOP, nous a permis de mettre sur pied, ensemble, dans un bel élan de solidarité, des consultations post-attentats.

C’est aussi avec un vrai plaisir que nous voyons des collègues d’autres associations investir notre espace au fil des années, pour y faire des colloques ou des réunions de réflexion.

Nous avions tous sentis, malgré les craintes, que quelque chose de nouveau allait surgir de ce pas que nous venions de franchir, un nouvel élan pour notre société. Et en effet, que de changements en peu de temps! Ils mettent bien en évidence les deux facettes de la maison. Au-dedans, elle est pour chacun de nous un espace convivial de travail, mais c’est aussi et surtout un tremplin vers l’extérieur, vers le dehors. Je pense que nous avions besoin d’un lieu comme celui-ci, espace de réflexion ancré dans la cité, pour exprimer bien fort notre volonté de promouvoir l’importance de la vie psychique sous toutes ses formes et donner à la psychanalyse une nouvelle chance d’être entendue et présente sur la scène publique et surtout celle de la santé mentale.

Marie France Dispaux