Hommage à Jean-Louis Van Nypelseer

In memoriam

Delen op

C’est au nom de mes collègues de la Société Belge de Psychanalyse que je rends hommage aujourd’hui au long, très long parcours de Jean-Louis comme analyste.

Jean-Louis est arrivé à la Société en 1947 donc dans les premiers moments de notre jeune association, intitulée à l’époque « Association de Psychanalystes de Belgique », qui venait d’être fondée en 1946. Il fut le premier médecin membre effectif destiné à la psychiatrie à vouloir être analyste. Après la mort de deux de nos membres fondateurs Dugautier et Lechat, il a fait partie du petit groupe d’analystes, tous très jeunes, qui ont permis à la société de survivre et de se développer.

Je me souviens avoir reçu, lorsque je suis devenue secrétaire de la Société les premiers registres de la SBP depuis sa création en 1946. C’était très émouvant de voir son nom apparaître sur le registre des membres, ainsi que celui d’autres collègues dans les comptes rendus des assemblées générales, encore écrits à la plume à l’époque.

Dans les années 60, il devint full member de l’IPA, membre titulaire de la Société Belge de Psychanalyse. Jean-Louis a été très actif à la SBP pendant des années dans les jurys, au Bureau élargi. Jusqu’à la fin des années 2000, donc à la veille de ces 90 ans! il a animé un petit groupe de lecture et de clinique psychanalytique, où il a pu transmettre aux plus jeunes ses connaissances cliniques avec générosité. Il s’était passionné pour l’oeuvre de Mélanie Klein et tenait à rester au courant de l’évolution des théories psychanalytiques.

En parlant avec des collègues, nous nous sommes dit que nous n’avions qu’un regret et un reproche à lui faire, c’est de n’avoir pas laissé d’écrits pour partager son expérience clinique et sa grande culture qui auraient pu faire trace de son engagement pour la psychanalyse. Psychanalyse qui a eu une place centrale dans sa vie, peut-être un peu trop, comme c’est le cas de beaucoup d’entre nous. Mais c’était un vrai analyste un vrai clinicien, très investi auprès de ses patients, qui m’évoque la phrase de Freud, je cite : « Le travail psychanalytique est très particulier, impossible de s’en servir à la manière d’un lorgnon que l’on met pour lire et qu’on enlève pour aller se promener. En général, l’analyste appartient tout à fait ou pas du tout à la psychanalyse ». Jean-Louis en était une vraie illustration.

Marie-France Dispaux