Handicap et création artistique

Michel Lamart

24/11/2019

Psychanalyse et créativité artistique

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Il s’agirait ici de débattre du lien entre d’une part le fait de “se vivre handicapé” avec tout ce que cela relève de processus psychiques en jeu dans la relation à l’autre, et donc des processus psychiques inconscients, et d’autre part de la production créative et artistique de ces gens handicapés, production à entendre telle une issue favorable à l’extension de leur moi, de leur subjectivité, de leur autonomie, de leur capacité à penser/rêver leur vie ?
Si l’on s’approche par exemple de la question de l’infirmité motrice-cérébrale à l’âge adulte, et que l’on se réfère au récent film d’animation de Mathieu Del Martino et Denis De Wind “L’homme machine” (bientôt visible sur ce site), l’on pourrait déjà proposer une analyse non seulement des parts du sujet confrontées au fait de se vivre handicapé (le héros accidenté, trépané et appareillé), mais aussi sur les aspects contre-transférentiels des institutions où ces gens infirmes vivent, ces gens étant en effet régulièrement confrontés à une gestion de leurs demandes sur le plan managériale, ortho-pédagogique et paramédicale, telle qu’on la connaît bien dans les homes.
Comment la psychanalyse peut-elle lire ces phénomènes humains, depuis l’angle du handicap et des productions artistiques ? Tout en sachant que la personne handicapée renvoie l’autre de manière incontournable à des éléments angoissants, comme par exemple depuis le sentiment d’incomplétude, liée en partie au sentiment de vulnérabilité à éprouver du fait d’ être humain (ces deux mots se confondant parfois dans la langue française), ou encore au sentiment d’inquiétante étrangeté (S. Freud) lorsque le handicap rime avec stigmatisation et difformité physique.
Comment apprendre des films d’animation -que ces gens infirmes réalisent (voir sur le site)- sur leur fonctionnement psychique en général, sur l’organisation psychique consciente et inconsciente de leur personnalité ? Comment apprendre de ces gens pour questionner nos pratiques institutionnelles si l’on part de l’hypothèse que ce qu’ils réalisent comme films d’animation sont telles des bouteilles à la mer qui devraient être repêchées pour que les messages y étant inscrits soient enfin décodés par nous psychanalystes / professionnels / spectateurs / êtres humains ?

Illustration : Antonin Artaud – Artaud le Mômo (1947) édition 1919
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