Les arrière-mondes Chapelle des Brigittines, Compagnie Mossoux-Bonté, 18 octobre 2022

Jean-Paul Matot

Psychanalyse et créativité artistique

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https://www.brigittines.be/en/season-2021-22/les-arriere-mondes

 

Six couloirs occupant la scène, le fond dans l’obscurité, l’ouverture, vers la salle, éclairée.

Dans chaque couloir, une forme d’allure humaine. Six formes.

Ces formes animées mais indéterminées arrivent de l’obscur, sortent de l’ombre, dans un mouvement d’abord très lent, presque imperceptible, comme indécis, qui s’affirmera toujours davantage, gagnant en force et en vitesse, en puissance.

Sortir de l’ombre, se mouvoir, devenir visible, être dans la lumière, revenir vers l’ombre, disparaître, réapparaître. Des flux. Aller-retour. De l’obscurité vers la lumière. D’un dedans de la création, vers le dehors de son expression.

A chaque émergence, la forme change, de peau, ou d’habit, de visage, ou de masque ; la forme du flux change également, plus doux et souple, plus violent et haché. Parfois, la forme humaine change de couloir, reconnaissable, par l’habitude des signes physiques, mais surtout par l’individualité d’un style, au-delà de la similitude des formes et des flux. Transformations.

Une musique tantôt entêtante, tantôt surprenante, hésitant entre le bruit et la composition. Ponctuation des flux, animation des formes.

Changements de couloirs des formes au cours de leurs plongées/émergences itératives dans/de l’obscur, comme des passages d’un canal de communication à un autre, d’un segment de l’espace à un autre.

S’y ajoutent des communications organiques entre les formes occupant des couloirs contigus, membres passant d’une forme à l’autre, s’échangeant, se complétant.

Puis ce sont des formes elles-mêmes qui se trouvent partageant le même couloir, où les corps entiers se confondent, s’échangent par parties, se dissocient, se recomposent.

Dans ces processus à la fois discontinus et secrètement articulés, les différenciations s’accentuent, de manière progressive, incomplète, avec des avancées et des reculs, prise, déprise, reprise. Des cheveux, des seins, se découvrent, sans que l’ambiguïté pour autant ne disparaisse.

Enfin, moments de regroupement des formes dans la lumière, dans l’espace de la scène entre les couloirs et la salle. Où elles se mêlent, interagissent, entrent en relation, dialoguent. Ebauches de liens dans le groupe. Fragiles, suspendus, mais qui marquent l’amorce des processus de leur établissement toujours mobile …

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