DONALD WOODS WINNICOTT

Les grands auteurs

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D.W.Winnicott est resté tout au long de sa carrière professionnelle – un pédiatre et un psychanalyste très reconnu, il continuait à recevoir des enfants dans une consultation à Paddington Green Children’s Hospital, où il a travaillé pendant 40 ans, jusqu’à sa retraite en 1963. Tout au long de sa carrière, Winnicott a dû voir plus de 60.000 enfants. Le champ de sa pratique était très différent de celui de Freud. C’est à partir de ses observations cliniques « tout-venant », de ses « consultations thérapeutiques », de son expérience des enfants placés acquise au cours de la seconde guerre mondiale, tout autant que de ses analyses d’enfants et d’adultes – notamment borderline et psychotiques -, qu’il élabore entre 1935 et 1971 les théories du développement psychique dont il fait le fondement de son approche très personnelle de la psychanalyse.
Son nom est attaché au concept des objets et phénomènes transitionnels, dont « l’invention » constitue certainement une avancée majeure pour aborder les rapports entre la réalité psychique et la réalité externe.
L’œuvre de Winnicott est incroyablement riche en intuitions fécondes : Il introduit l’environnement dans la théorie psychanalytique des origines du développement psychique, ouvre de nouvelles perspectives sur les liens entre destructivité et créativité, situe l’omnipotence comme fondement du narcissisme, développe une théorie du faux self qui transcende les pathologies, installe la réflexivité comme fondement du lien intersubjectif, de la fonction de miroir du regard de la mère à la capacité d’être seul en sa présence … Ses apports techniques au traitement des cas limites et des dimensions psychotiques de la personnalité sont profondément innovantes, de l’élaboration de la haine dans le contre-transfert à la régression à la dépendance, pour terminer par l’utilisation de l’objet.
Toute tentative de synthèse des théories de Winnicott se heurte cependant à la fois à son allergie aux systèmes (dont il fera un des axes majeurs de sa critique du mouvement kleinien) et à son mode de pensée, aussi peu enclin à la définition des concepts que peu sensible aux contradictions et aux imprécisions qu’il semble cultiver à dessein, il illustre dans ses écrits la place centrale qu’il donne au paradoxe dans le développement psychique. (Source : Gantheret F., « Donald Woods Winnicott- (1896-1971) », Encyclopædia Universalis [en ligne], URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/donald-woods-winnicott/)

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https://www.psychanalyse.be/article/quel-patient-veut-etre-le-poeme-ou-le-tableau-de-quelquun-dautre/

https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/donald-w-winnicott
https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/winnicott-le-psychanalyste-pour-tous
https://www.bbc.co.uk/sounds/play/b01s7v7b (lien qui renvoie aux émissions de Winnicott à la BBC, 50 émissions entre 1943 en 1960)
https://www.youtube.com/watch?v=V18Ig5c7ocE

Développements théoriques

Le jeu
« Se cacher est un plaisir, mais ne pas être trouvé est une catastrophe».
In Jeu et réalité, l’espace potentiel (1975)

« Le jeu est une notion centrale dans l’œuvre de Winnicott. Celui-ci considère que ce qui fait que l’enfant est capable de jouer revient à questionner « ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue » (Winnicott, 1971). Tout au long de son œuvre, Winnicott se positionne très clairement comme héritier des thèses freudiennes et intègre à sa pensée les avancées théoriques de M. Klein. Mais il se démarque de cette dernière notamment par rapport à la question du jeu qui n’est pas, selon lui, uniquement le reflet des représentations internes de l’enfant mais témoigne aussi de l’impact de l’environnement sur son développement ».
Sa double expérience de psychanalyste et de pédiatre l’a conduit à tenir compte de l’environnement du nourrisson dans la genèse de son développement psychique. Il considère que le jeu de l’enfant est spontané et universel. Il inverse la proposition des psychanalystes qui l’ont précédé : si le jeu est pour eux un moyen thérapeutique, lui soutient que le jeu est un tout qui a des vertus thérapeutiques en soi. Le jeu n’est plus uniquement un contenu mais aussi un contenant. La psychothérapie et la psychanalyse ne feraient qu’utiliser les potentiels du jeu.

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https://www.psychanalyse.be/article/de-la-mise-en-acte-a-la-mise-en-scene/

 

L’objet transitionnel
« L’objet transitionnel est un concept complexe à saisir, car Winnicott considère que le nouveau-né ne perçoit pas sa mère comme distincte de lui. Au contraire celle-ci serait, du point de vue du nourrisson, comme un prolongement de lui-même. Une mère « suffisamment bonne », qui prodiguerait de bons soins à son nourrisson, lui permettrait de vivre dans l’illusion de « toute-puissance ». Cette « illusion », où réalités interne et externe ne sont pas encore clairement distinctes pour le nourrisson, autorise des expériences « intermédiaires », en particulier celle de posséder un objet transitionnel qui n’est ni la mère réelle, ni sa représentation interne, mais un peu des deux. À ce stade, le nourrisson ne peut accepter de la réalité que les objets qu’il crée (qui correspondent à ses besoins). Il est entièrement dépendant de sa mère ; si cette dernière ne lui apporte pas ce dont il a besoin, il perd le sentiment d’exister. L’objet transitionnel lui permet d’accepter l’absence de la mère et lui donne la possibilité d’avoir le sentiment d’exister malgré ses absences ».
L’objet transitionnel peut être un morceau de chiffon, un nounours, un bout de laine, de ficelle, le « doudou » ou encore la mère elle-même. La mère serait alors comme un prolongement de l’enfant mais distincte de lui. La mère qui serait pour l’enfant un « objet malléable » lui permettrait de se sentir en sécurité et de s’ouvrir à de nouvelles découvertes et expériences.
Les phénomènes transitionnels et l’espace potentiel
« Lorsque l’enfant joue, il entre dans une aire intermédiaire, où la réalité intervient non plus comme une contrainte mais se voit remodelée en fonction de ses besoins internes, tout comme le nourrisson avait besoin, en raison de son immaturité, de cette illusion de « toute-puissance ». L’enfant peut distinguer la réalité de ses désirs propres, mais le jeu est un moyen d’exister en tant que « soi », malgré les contraintes de la réalité auxquelles il doit s’adapter. Le corollaire serait que l’enfant ait à s’adapter à son environnement au détriment de son propre développement personnel (faux self). Il faut ici distinguer clairement, comme le fait Winnicott, le jeu (game), qui peut être organisé socialement, et l’activité beaucoup plus essentielle de jouer (playing). Jouer est un acte créateur, une invention d’un individu, qui permet une infinité de variations, alors que les jeux de société ou éducatifs sont beaucoup plus limités ».
Jouer est un phénomène transitionnel. Le jeu, en ce qu’il permet d’assujettir les contraintes de la réalité aux pulsions de l’enfant, favorise la réalisation de ce que Winnicott a nommé l’« intégration de la personnalité ». Après la phase de « dépendance absolue » du nourrisson, dépendance à sa mère, celui-ci peut progressivement accepter les frustrations de la séparation d’avec sa mère, et par là même avoir le sentiment d’exister comme individu distinct. Dès lors qu’il peut se sentir exister et seulement à ce stade, les pulsions assouvies viendront renforcer ce sentiment d’être soi. Dans le cas contraire, l’environnement viendrait empiéter sur le développement de l’individu, qui aurait à se protéger. Le sentiment d’être soi correspond au vrai self, tandis que la nécessité de se protéger correspond au faux self. Tout individu possède un faux self, en ce qu’il se conforme aux règles sociales. Mais certains n’ont plus accès à leur vrai self et leur capacité à jouer en est réduite.
Ce jeu se déroule, du point de vue du nourrisson, ni au-dedans ni au-dehors de lui, mais dans une aire intermédiaire qui se situe entre lui et sa mère. Winnicott nomme cette aire : « espace potentiel ». Le jeu entre la mère et son nourrisson correspond à un chevauchement des espaces potentiels de chacun. Le prolongement de l’espace potentiel se fait chez l’adulte, à travers des expériences culturelles, qu’il s’agisse d’art, de philosophie ou de religion.
L’influence de l’environnement est essentielle dans l’œuvre de Winnicott. Il estime que celui-ci doit être suffisamment « bon et sécurisant » pour que l’individu se développe. La cure en est un paradigme qui doit permettre que puisse se développer un espace potentiel qui crée un sentiment de confiance.
« La théorie du jeu de Winnicott l’a amené à reconsidérer la technique de l’analyse, tandis que M. Klein transpose le jeu à la théorie analytique. Il nous semble que l’essentiel de l’apport de Winnicott tient à ce qu’il soutient que l’environnement ne peut être dissocié de la genèse d’un individu. Le jeu contient en germe cette genèse ».
(Sources : Bailly R., Le jeu dans l’œuvre de D.W.Winnicott, Enfances et Psy 2001/3 (n°15), pp 41-45)

En savoir plus
https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2001-3-page-41.htm
https://www.youtube.com/watch?v=MaKlEcpyX1w
https://www.youtube.com/watch?v=rJL6DfRxf5c
http://crppc.univ-lyon2.fr/fr/video/podcast-colloque-international-rene-roussillon-en-transition-le-jeu-en-partage-600000.kjsp?RH=1415136247016

La préoccupation maternelle primaire
Pour Winnicott l’individu n’existe pas. Il n’existe qu’un individu en relation avec le monde extérieur. Pour traiter de ce concept d’environnement suffisamment bon, une notion semble centrale dans l’œuvre de Winnicott : « la préoccupation maternelle primaire ». La fonction maternelle est de s’adapter aux besoins du nourrisson. L’expression que Winnicott utilise est celle d’une mère « suffisamment bonne ».
Cet état permet à la mère d’être en empathie avec les besoins de son bébé et de s’ajuster à lui. Et à ce qu’elle interprète de ses états internes de façon à lui offrir l’environnement le plus accueillant possible pour qu’il puisse développer sa personnalité et son sentiment de confiance envers l’existence. « Si la mère fournit, au tout début de la vie, une assez bonne adaptation aux besoins de son bébé, un cadre continu et sécurisant, si elle est suffisamment bonne, «la propre ligne de vie de l’enfant est très peu perturbée par les réactions aux empiètements de l’environnement».
La mère joue un rôle de miroir pour son tout-petit. Cela signifie aussi que la mère ne comble pas toujours son enfant et lui permet, en fonction de ses capacités d’éprouver progressivement la frustration et la séparation.
Par contre, si les réponses de la mère sont inadaptées aux besoins de l’enfant, celui-ci est en prise directe avec l’environnement. Ses propres réactions, face à un environnement qu’il ne peut pas décrypter du fait de l’absence de médiation, de symbolisation de la mère, vont entraîner des ruptures dans son développement et dans sa «continuité d’être». L’enfant ne peut mettre du sens sur ce qui lui arrive. Il est submergé. Ces ruptures vont bien au-delà de la simple frustration mais sont des menaces pour sa sécurité interne ». Ces ruptures peuvent entraîner des troubles narcissiques chez l’individu et l’empêcher de se construire une base narcissique solide et « bien tempérée ». (Source : Courtinat E., La préoccupation maternelle primaire, Doc Player)

En savoir plus
https://docplayer.fr/226760-Courtinat-elisabeth-la-preoccupation-maternelle-primaire-1956-donald-wood-winnicott.html
https://www.psychanalyse.be/article/mere-suffisamment-bonne-mere-contenante-la-question-du-soin-psychique/
https://www.youtube.com/watch?v=V18Ig5c7ocE

Holding, handling, object-presenting
Winnicott parle de trois fonctions maternelles:
Le holding caractérisé par la manière dont la mère soutient et porte l’enfant, physiquement et psychiquement. C’est une fonction contenante qui protège l’enfant et lui permet de soulager ses inconforts et ses états internes de débordement et de douleur. « Cette fonction est fondamentale dans l’intégration du moi qui trouve ainsi, couplée avec le développement sensori-moteur, des repères simples et stables, qui apprend à reconnaître ce que l’enfant ressent » Cette intégration du moi est essentielle pour le sentiment d’exister et d’être.
Le handling se centre plus sur les manipulations physiques du bébé, la manière dont il est soigné, changé, baigné…Ces soins lui permettent de « se constituer une intériorité et des limites corporelles ».
Grâce à ces fonctions, l’enfant développe « le sentiment d’habiter son corps ».
L’object-presenting est un concept essentiel dans l’œuvre de Winnicott, la mère présente à l’enfant au bon moment ce dont il a besoin, cela amène chez l’enfant le sentiment d’avoir lui-même créé l’objet (le sein, le biberon,…) et entretient son omnipotence. C’est grâce à la disponibilité de la mère et à son attention aux réactions de son enfant face à la frustration « que le bébé se retirera progressivement de cet état d’illusion, à son rythme et en fonction de ses capacités afin de reconnaître l’existence de l’objet ». (Courtinat E., ibid., doc. Player)
L’être et le faire (being and doing) « Dans sa réflexion sur l’être et le faire, D.W. Winnicott situe la source de la créativité dans la transmission d’un élément féminin maternel qui vaudrait comme investissement du processus même qui donne du prix à la vie, et dès lors, le sentiment d’être renvoie fondamentalement aux identifications primaires. Le sentiment d’être (sense of being) est quelque chose d’antérieur à un être-avec parce qu’il n’y a encore rien d’autre que le couple bébé/environnement, d’où une étape de créativité intransitive en quelque sorte, qui pose la question du prépulsionnel chez D.W. Winnicott, soit celle de l’existence d’un temps préméta- psychologique.
Rappelons alors ici la phrase célèbre de D.W. Winnicott : « After being, doing and being done too. But first being. » (Après être, faire et accep- ter qu’on agisse sur vous. Mais d’abord être.) Pour autant, le concept de « sentiment d’être » ne se trouve en fait approfondi que très tardivement chez D.W. Winnicott, soit quatre ans avant sa mort, et probablement en lien avec cette perspective qui se rapprochait, alors, pour lui » (Source : B.Golse, A. Braconnier, 2012, https://www.cairn.info/winnicott-et-la-creation-humaine p.7)

En savoir plus
http://www.la-psychologie.com/relation_parent_nourrisson.htm
https://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/files/publication/ta-70-illu_cover-bebes012mois-durieux-print.jpg
https://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/files/publication/ta-83-1-4ans-durieux_1.jpg

Être seul en présence de quelqu’un est un fait qui peut intervenir à un stade très primitif, au moment où l’immaturité du moi est compensée de façon naturelle par le support du moi offert par la mère. Puis vient le temps où l’individu intériorise cette mère support du moi et devient capable d’être seul sans recourir à tout moment à la mère ou au symbole maternel » (Winnicott, 1958, tr. fr. 1969, p. 209).

Le vrai Self
« Winnicott a admis à différentes reprises que le Vrai Self est une notion difficile à définir. ; Là encore, Winnicott introduit une idée personnelle et une notion totalement nouvelle, un corps étranger dans la théorie psychanalytique, produit d’une subjectivité qui refuse de se soumettre aux dogmes existants.
Contrairement aux topiques freudiennes qui sont des abstractions, constructions théoriques destinées à repérer et modéliser des opérations psychiques, le Self est une notion existentielle qui désigne l’expérience qu’un sujet a de lui-même, de son être unique et singulier. À la naissance le nourrisson est en possession d’un potentiel de personnalité en partie déterminé par des facteurs génétiques et tout au long de la vie le Vrai Self cherche à exprimer et à élaborer ce potentiel dans son existence et ses relations ; ce potentiel trouve son expression dans le geste spontané mais il dépend des soins et surtout de la réponse de l’environnement pour s’ancrer et s’épanouir .
Le Self représente l’aboutissement d’une intégration des différents aspects de la personnalité aboutissant au vécu de constituer une unité. Donc non seulement je suis, mais je suis moi-même. car dans le Self se conjugue le JE et le ME, je me vois, je me sens, je me connais, le Je reprenant le rôle de miroir assumé d’abord par la mère puisque que dans le visage de la mère, le sujet, l’enfant se voit comme objet vu par la mère, premier temps de la différence entre le JE et le MOI.
Ainsi, dans un premier temps, l’autre est indispensable au Self pour que celui-ci puisse être et devenir lui-même. Mais contrairement au Moi, chargé des relations avec le monde extérieur, construction inscrite dans la temporalité, faite de strates multiples, et toujours en devenir il me semble que le Self recouvre une expérience intime et solitaire, l’expérience d’être, il s’éprouve lorsqu’il surgit, dans le geste spontané, le jeu, l’idée originale.
Une fois encore, le rôle de la mère est essentiel car le Vrai Self ne peut prendre corps et devenir une réalité vivante que si la mère est là, s’identifiant aux besoins du nourrisson, pour accueillir son geste spontané, lui donner sens, lui permettant ainsi d’exister et non de réagir ». (Feld E., Au vif du sujet, l’homme des lettres vives, Revue Belge de Psychanalyse, 64, p.20-21, 2014-1)

En savoir plus:
https://www.psychanalyse.be/tag_cd/vrai-self-faux-self/

Le faux Self

L’individu qui s’est développé selon une personnalité en « faux-self » est essentiellement assujetti à ce qu’il croit être le désir de l’autre. Lui-même n’existe pas, il est envahi par l’autre, par ce qu’il imagine de son regard, de son jugement, de son désir. Cela n’empêche pas qu’il ait pu se réaliser sur le plan professionnel et social en s’adaptant au milieu dans lequel il évolue. Il ignore qui il est et il est habité par un sentiment de vacuité, il est essentiellement soucieux des apparences qu’il donne et il est aux aguets des réactions de l’autre et à ce qu’il ressent de ce que celui-ci lui renvoie. Pour Winnicott, le rôle de la mère est à nouveau essentiel, si celle-ci ne est défaillante, ne donne pas de réponse adéquate aux besoins du nourrisson et de l’enfant, celui-ci va s’adapter à un environnement qu’il ressent comme hostile et développer ce type de défense en faux self.

L’agressivité
« Winnicott a apporté une contribution majeure à la compréhension de la pulsion, avec la notion d’agressivité impitoyable, version winnicottienne de la pulsion de vie. contrairement à l’opinion répandue mais fausse d’une position analytique maternante et lénifiante, privilégiant l’accordage émotionnel à la relation pulsionnelle, Winnicott, au fil de son œuvre, va faire de l’agressivité, prise non pas comme une pulsion distincte de la libido mais comme le quantum d’énergie de la pulsion, la force motrice du développement émotionnel pour aboutir, à la fin de sa vie à une théorie totalement originale de la destructivité comme accès à la réalité. En fait, il s’oppose catégoriquement à l’hypothèse freudienne d’une pulsion de mort, spéculation transformée par M. Klein en donnée psychique innée et incontestable, pulsion de mort d’où dérivent pour elle la haine, l’envie, le sadisme, en somme la destructivité sous toutes ses formes. or Winnicott réfute absolument l’idée d’une pulsion de mort visant la destruction car, pour lui, l’agressivité avec sa composante destructrice est constitutive de la pulsion, synonyme de mobilité et d’activité, en somme analogue à l’élan vital et la destructivité primitive, fait partie de l’amour primaire.
Agressivité primaire, agressivité instinctive, avidité, amour-appétit primaire, amour oral, autant de formulations pour marquer que l’agressivité primaire fait partie de l’appétit et de l’amour oral, une force qui – dans un premier temps – va sans se soucier de l’objet, de son intégrité et de sa survie, d’où le qualificatif d’impitoyable.
L’élément agressif, ou plus précisément le composant agressif, fait donc partie de la pulsion amoureuse primitive au même titre que le composant érotique, mais cette agressivité primaire, impitoyable, du tout début de la vie est innocente parce qu’elle ignore l’existence de l’objet non-moi et donc la cruauté avec laquelle il est traité.
Mais Winnicott ne va pas cantonner l’agressivité à ses formes primitives. Progressivement il va lui donner un rôle central dans le développement émotionnel, tout en distinguant toujours rigoureusement les comportements agressifs de l’agressivité pulsionnelle qui se déploie dans le fantasme, ce qu’il appelle l’élaboration imaginaire de la pulsion. cette distinction aboutit à cette formulation surprenante de destructivité saine, parce qu’inconsciente et fantasmatique, découlant de l’intégration et de la maturité émotionnelle opposée à la destructivité pathologique agie, signe que la destructivité n’a pas été intégrée dans la personnalité et qu’elle reste clivée. Il faut noter le remplacement progressif du terme agressivité par les termes destruction et destructivité pour qualifier l’activité de la pulsion telle que le fantasme inconscient la met en scène ». (Feld E., Au vif du sujet, l’homme des lettres vives, Revue Belge de Psychanalyse, 64, p.15-16, 2014-1)
« Pour Winnicott, la destructivité constituait un aspect important de sa théorie de l’agression. Dans ses travaux tardifs, il affirmait l’existence d’un « instinct de destruction » ; mais il se demandait s’il pouvait être qualifié d’ « instinct amour-agression combiné », non deux pulsions de vie et de mort distinctes, mais une combinaison des deux en une, dès le début de la vie. La destructivité au début était « simplement un symptôme du fait de vivre ». En d’autres mots, il ne s’agit pas de colère (qui appartient à un stade de développement ultérieur). La tentative bénigne du petit enfant d’atteindre l’objet doit être rencontrée par la survie de l’objet qui mène à l’utilisation de l’objet « et à la séparation de deux phénomènes : le fantasme et la sortie de l’objet de la sphère d’omnipotence » (Winnicott, 1988). (Abram J., De la communication à la non-communication, l’objet qui survivra, Revue Belge de Psychanalyse, 64, p.101-102, 2014-1)

En savoir plus:
https://www.psychanalyse.be/tag_cd/vrai-self-faux-self/
https://www.psychanalyse.be/article/de-la-communication-et-de-la-noncommunication-la-recherche-dun-objet-qui-survivra/
https://www.psychanalyse.be/article/quelques-reflexions-psychanalytiques-sur-lagressivite/

La capacité à être seul

Est un concept qui peut « se développer à un stade très primitif, au moment où l’immaturité du moi est compensée de façon naturelle par le support du moi offert par la mère. Puis vient le temps où l’individu intériorise cette mère support du moi et devient capable d’être seul sans recourir à tout moment à la mère ou au symbole maternel » (Winnicott, 1958, tr. fr. 1969, p. 209).

https://www.york.ac.uk/media/english/documents/The%20Capacity%20to%20be%20Alone.pdf

https://www.cairn.info/journal-la-psychiatrie-de-l-enfant-2013-2-page-585.htm

La haine dans le contretransfert
« En 1947, Winnicott publie La haine dans le contre-transfert (Winnicott, 1958), un essai court, écrit dans son style original et personnel.
Jan Abram résume cet écrit de la manière suivante : Winnicott trace un parallèle entre la haine éprouvée par la mère contre son nouveau-né, et celle éprouvée par un psychanalyste contre son patient psy- chotique régressé et en état de besoin. La capacité de haïr parallèle à celle d’aimer signifie que l’ambivalence a été atteinte. Dans le développement, ceci constitue selon Winnicott un accomplissement qui survient chez le bébé au temps de la dépendance relative et de la sollicitude. Cet article est cen- tré sur la tension émotionnelle à laquelle l’analyste se sent soumis lorsqu’il travaille avec un patient psychotique. Il affirme que le patient psychotique ou borderline exige autant de participation émotionnelle qu’un nouveau-né. (Abram J. (1996). Le langage de Winnicott. Paris, Popesco, 2001).
L’analyste doit être capable, nous dit Winnicott, d’avoir complètement conscience de son contre-transfert et doit pouvoir saisir et étudier ses réactions objectives par rapport à son patient, cela inclut également la haine. Winnicott insiste sur l’exigence pour l’analyste d’effectuer un travail personnel, l’analyse de l’analyste. L’analyste est dans la position d’une mère dont l’enfant est à naître ou nouveau-né.
Dans ses derniers articles sur l’utilisation de l’objet, Winnicott affirme l’usage constructif de la pulsion de destruction. Comme l’indique Jan Abram (1996), il a trouvé ce qu’il a cherché éperdument toute sa vie : la théorie de l’agressivité. Il montre comment le sentiment de réalité existe grâce à la survie de l’objet face à la constante tentative de le détruire fantasmatiquement. Si l’objet est perçu comme survivant à la destruction, alors il revêt une qualité de permanence. Si l’objet survit à la destruction fantasmatique, alors il peut être utilisé et intériorisé. Win- nicott nous dit qu’après que le sujet se connecte à l’objet vient l’étape où le sujet détruit l’objet (quand celui-ci devient externe), et ensuite il se peut que l’objet survive à la destruction par le sujet ». ( Kockelmeyer S., Réflexions sur la haine dans le contre-transfert chez Winnicott , Revue Belge de Psychanalyse, 64, p.65-71, 2014-1)

En savoir plus
https://www.psychanalyse.be/article/reflexions-sur-la-haine-dans-le-contretransfert-chez-winnicott/

La crainte de l’effondrement
« Winnicott nomme comme « effondrement » (breakdown) l’événement qui a envahi ou empiété l’espace psychique du bébé. Autrement dit, il accorde une spécificité conceptuelle au trauma et surtout à l’échec de l’organisation défensive du Moi face à l’événement effracteur. Cet échec est dû à l’immaturité du Moi, qui se trouve incapable d’intégrer l’événement et le signifier. « […] nous avons besoin d’employer le mot “effondrement” pour décrire l’état de choses impensable qui est sous-jacent à l’organisation d’une défense. La crainte de l’effondrement que le patient éprouve au cours du processus analytique correspond à « la crainte d’un effondrement qui a été déjà éprouvé » . À certains moments de la cure, il est précis de communiquer au patient que l’effondrement « a déjà eu lieu ». Winnicott cherche à distinguer entre l’agonie primitive que le sujet a éprouvée et l’organisation défensive qui a été créée contre une telle menace. Lorsque le patient manifeste cliniquement un syndrome psychotique, celui-ci ne correspond pas à un effondrement mais à une organisation défensive dirigée contre la menace de dissolution. La crainte de l’effondrement nous confronte à un paradoxe. Il s’agit d’un événement traumatique qui a eu lieu dans l’histoire du sujet, mais qui n’a pas pu être éprouvé. Car le manque de différenciation entre le Moi et le non-Moi n’a pas pu permettre au sujet de ressentir l’affect correspondant et a ainsi rendu impossible l’inscription psychique de l’événement ». (Abrevaya E., L’après-coup et la crainte de l’effondrement, Revue Française de Psychanalyse, vol.73, p. 1705-1711, 2009).
René Roussillon a élaboré et complexifié ces avancées théoriques de Winnicott dans de nombreux écrits dont deux ouvrages passionnants « Paradoxes et situations limites de la psychanalyse » et « Agonie, clivage et symbolisation » (PUF)

En savoir plus
https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2009-5-page-1705.htm
https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2002-4-page-1325.htm
https://www.puf.com/content/Paradoxes_et_situations_limites_de_la_psychanalyse
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=65913
https://www.puf.com/content/Agonie_clivage_et_symbolisation
https://www.cairn.info/revue-le–psy-2015-4-page-25.htm

 

Le rôle du père
Selon Winnicott, c’est pendant la phase au cours de laquelle le bébé prend progressivement conscience de la fonction de sa mère et qu’il développe ses propres mouvements qui auront une influence sur elle, que l’image du père fait son apparition « tout d’abord comme une ombre en arrière-plan puis de plus en plus clairement ».
Winnicott accorde au père de nombreuses fonctions dans le développement de l’enfant.
D’abord, il est un élément dans l’élargissement de soins précoces à l’enfant. Il peut, lui aussi, ressentir une « préoccupation paternelle primaire » et s’adapter aux besoins de l’enfant. Il peut servir de réceptacle aux frustrations du tout-petit en écho à la fusion mère-enfant. Un père doit imposer des limites et permettre ainsi l’entrée progressive dans la phase oedipienne. « Il souligne le rôle du père en tant que tiers. : le père qui a une relation avec la mère mais aussi le père qui est présent dans la psyché de la mère tandis qu’elle s’occupe de l’enfant ». Par contre, si Winnicott insiste sur l’importance du jeu pour l’enfant, il ne s’est pas beaucoup penché sur le rôle du père à ce sujet. Pourtant, les pères jouent différemment des mères et contribuent certainement à la création de l’objet transitionnel. L’intégration chez le père de sa bisexualité psychique apporte des éléments essentiels dans la construction de l’identité sexuelle de l’enfant et de l’adulte qu’il deviendra. « Winnicott a probablement contribué à la valorisation du nouveau père qui reprend le rôle maternel traditionnel et s’implique activement dans les soins précoces ». Cependant, dans les perspectives ouvertes par Winnicott, la fonction paternelle est rarement explicite car « son modèle est essentiellement maternocentrique ». (Hebbrecht M., La question du père dans l’œuvre de Winnicott, Revue Belge de Psychanalyse, 64, p.75-90, 2014-1)

En savoir plus
https://www.psychanalyse.be/article/la-question-du-pere-dans-loeuvre-de-winnicott/

En octobre 2013, la SBP a organisé un colloque sur l’œuvre de D.W.Winnicott dont le programme est repris ci-dessous

Société Belge de Psychanalyse
Belgische Vereniging voor Psychoanalyse

D.W.Winnicott aujourd’hui
Quatrième Colloque Ouvert
Samedi 12 octobre 2013 – Kortenberg

Programme de la journée
⦁ Matinée
9h00 : Accueil
9h30 : Introduction de la journée
par le Président de la S.B.P. : Rudi Vermote
9h45-10h30 : « Au vif du sujet, Winnicott l’homme des Lettres Vives » Eliane Feld
11h00 : Pause café
11h30-13h00 : «Quel patient veut être le poème ou le tableau de quelqu’un d’autre ?» Jean-Paul Matot
13h-14h30 : Pause Repas
Ateliers
14h30-16h30 : Travail en 9 ateliers
1. Agressivité, haine, capacité de sollicitude… (Edith Creplet, Pierre Dajez, Sylvie Kockelmeyer)
⦁ 2. Faux self et clinique contemporaine  (Christophe du Bled, Jacqueline Godfrind-Haber)
⦁ 3. La consultation thérapeutique (Marie-Paule Durieux, Nicole Zucker)
⦁ 4. Mère suffisamment bonne, mère contenante : la question du soin psychique (Diana Messina, Marianne Van Bourgonie)
5. Utilisation de l’Objet et Institution (Lorenzo Jullian)
⦁ 6. La question du père dans l’œuvre de Winnicott (Nicole Carels, Marc Hebbrecht)
7. La continuité d’exister et la dépendance à l’objet (Carine De Buck, Blandine Faoro-Kreit, Annette Watillon)
⦁ 8. Atelier néerlandophone : Communication et non-communication, l’élément in-communicado. (Christine Franckx, Trui Missinne, Rudi Vermote)
9. Atelier anglophone: Playing and Creativity. (Mimi Armstrong, Katy Bogliatto)

Clôture de la journée
16h30-17h00 : « Nouvelles pistes » Christine Frisch-Desmarez

Arguments des ateliers

1-La question du père dans l’œuvre de Winnicott
Atelier de Nicole Carels, Marc Hebbrecht

Le père est considéré de façon primordiale par Winnicott en fonction de la relation de la mère avec l’infans et l’enfant, en tant
que substitut ou appui de la mère ou présence dans sa psyché, et participant de la sorte à la création d’un environnement
suffisamment bon. Au fil du temps, Winnicott accorde au père une spécificité plus grande. De nombreuses questions subsistent
néanmoins, dont nous pourrons débattre, concernant les différentes facettes et l’approfondissement de cette spécificité,
particulièrement à la lumière de récents développements dans la pensée analytique concernant le père et la fonction paternelle. »

2-Agressivité, haine, capacité de sollicitude
Atelier animé par Edith Creplet, Pierre Dajez, Sylvie Kockelmeyer

Nous tenterons au sein de notre atelier d’approfondir ces notions en les articulant avec leur dimension fondamentale de vitalité en s’appuyant sur l’élaboration de l’aggressivité primaire.
Nous nous inspirerons de la littérature pour illustrer le propos de Winnicott, de savoir si le patient cherche de la haine objective ou justifiée. « Il faut qu’il puisse l’atteindre,sinon il n’aura pas le sentiment que l’amour objectif est à sa portée ».
Enfin toujours au départ de notre pratique, nous développerons le lien entre désorganisation psychosomatique, comportements violents et l’impossible élaboration de la haine.
La formulation de Winnicott nous amènera tout naturellement à élaborer la haine dans le contretransfert de tout thérapeute

3- La consultation thérapeutique
Atelier animé par Marie-Paule Durieux, Nicole Zucker

Cet atelier sera consacré à la dimension psychothérapeutique des consultations avec l’enfant, l’adolescent et sa famille. Nous partirons des théories de Winnicott et de sa pratique qu’il élabore dans son livre « La consultation thérapeutique et l’enfant ». Il montre comment un travail analytique se déroule dans le cadre très particulier de consultations espacées en utilisant pour une part la notion de régression du patient. Nous nous baserons sur des illustrations cliniques pour ouvrir une discussion plus large sur ce qui nous semble amener un effet psychothérapeutique pour nos patients et leurs familles.

4-La continuité d’être et la dépendance à l’objet
Atelier animé par Annette Watillon-Naveau, Carine De Buck, Blandine Faoro-Kreit

« Grâce aux soins qu’il reçoit de sa mère, chaque enfant est en mesure d’avoir une existence personnelle et commence donc à édifier ce qu’on pourrait appeler le sentiment d’une continuité d’être». Pour Winnicott, c’est sur la base de cette continuité que le potentiel inné peut se développer graduellement et permettre à l’enfant d’acquérir son individualité propre, base de la force du moi.
Les connaissances scientifiques actuelles concernant l’élaboration des représentations, la naissance de la pensée, la mémoire et la plasticité neuronale, soulignent le développement de ces capacités en lien avec la qualité des soins prodigués par l’environnement.

5-Faux self et clinique contemporaine
Atelier animé par Christophe du Bled, Jacqueline Godfrind-Haber

Le concept de faux self est un repère clinique important que nous a laissé Winnicott, même s’il semble aujourd’hui quelque peu tombé en désuétude. Comme beaucoup d’apports de cet auteur, sa saisie n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît. Le faux self semble en effet devoir se décliner en un éventail allant du « faux self pathologique » organisation clivée qui, sous une soumission excessive à la norme, masque drastiquement un noyau de désespoir et d’appel inconditionnel à l’objet, au « faux self sain » dont la fonction est de défendre le « vrai self créateur » contre les risques de violation psychique. L’atelier se propose de préciser brièvement le concept de faux self dans son articulation avec celui de vrai self dans la pensée de Winnicott et de s’interroger sur sa pertinence dans la clinique contemporaine, en particulier dans les pathologies narcissiques.

6-L’ utilisation de l’objet et l’institution
Atelier animé par Lorenzo Jullian
La rencontre avec l’Institution n’est pas toujours aisée pour la plupart de nos patients (états-limites, psychotiques); moins encore lorsqu’il y a un actif important d’échecs derrière eux. D’où l’intérêt et la pertinence des évaluations et diagnostic de manière à pouvoir élaborer un projet thérapeutique qui puisse les aider à arrêter l’errance dans laquelle ils se trouvent et à soulager leurs souffrance.
C’est là où la théorisation winnicottienne, qui s’inscrit dans la lignée de la pensée freudienne, a toute sa place.
En effet, l’«utilisation de l’objet », est au centre des préoccupations de D.W. Winnicott, qui privilégie l’accès à la subjectivation, « first being », sur l’économie pulsionnelle. Il va accorder une place primordiale à la réponse de l’objet dans la naissance du processus de symbolisation chez l’enfant.
L’Institution, lorsqu’elle accepte un nouveau résident, se propose comme objet à être utilisé.
Elle offre ainsi un holding, notion chère à Winnicott, qui désigne la manière dont une mère « suffisamment bonne » porte son enfant, dans ses bras comme dans son imaginaire.
Tout ceci va créer des situations de transfert et de contre transfert, délicates et parfois explosives dans l’institution et dans les équipes. La théorisation winnicottienne nous donne des outils qui peuvent nous aider à décoder la souffrance de nos patients et celle de l’institution.

Publications de D.W.WINNICOTT
(Classement par date de parution de la traduction en langue française)
⦁ La Haine dans le contre-transfert, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2014  (⦁ ISBN ⦁ 9782228910552)
⦁ Lectures et portraits, Gallimard, 2012  (⦁ ISBN ⦁ 9782070134359)
⦁ La Relation parent-nourrisson, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2011  (⦁ ISBN ⦁ 978-2-228-90630-2)
⦁ La Famille suffisamment bonne, Payot, 2010  (⦁ ISBN ⦁ 9782228904926)
⦁ Les Objets transitionnels, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010  (⦁ ISBN ⦁ 978-2-228-90542-8)
⦁ La Mère suffisamment bonne, Payot, coll. «Petite Bibliothèque Payot », 2006  (⦁ ISBN ⦁ 2228901164)
⦁ Fragment d’une analyse, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2006  (⦁ ISBN ⦁ 222888555X)
⦁ L’Enfant et sa famille, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2006  (⦁ ISBN ⦁ 2228883433)
⦁ Jeu et réalité, l’espace potentiel, Gallimard, 1975 (Playing and Reality, 1971), réédité en folio, 2004  (⦁ ISBN ⦁ 2070419843)
⦁ Agressivité, culpabilité et réparation, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2004  (⦁ ISBN ⦁ 2228898422)
⦁ Les Enfants et la guerre, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2004  (⦁ ISBN ⦁ 2228898414)
⦁ Dialogue avec Sammy, avec ⦁ Joyce McDougall et ⦁ Serge ⦁ Lebovici, Payot, 2001  (⦁ ISBN ⦁ 2228894680)
⦁ La Crainte de l’effondrement (The fear of breakdown, 1974: parution posthume), Gallimard, 2000  (⦁ ISBN ⦁ 2070733629)
⦁ Conseils aux parents, Payot, 1995  (⦁ ISBN ⦁ 222888880X)
⦁ Déprivation et délinquance Payot, 1994  (⦁ ISBN ⦁ 222888796X)
⦁ Le Bébé et sa mère, Payot, 1992  (⦁ ISBN ⦁ 2228883522)
⦁ La Nature humaine, Gallimard, 1990  (⦁ ISBN ⦁ 2070720861)
⦁ Lettres vives, Gallimard, 1989,  (⦁ ISBN ⦁ 207071571X)
⦁ De la pédiatrie à la psychanalyse (1969), Payot, 1989  (⦁ ISBN ⦁ 2228881171)
⦁ La Petite « Piggle ». Traitement psychanalytique d’une petite fille, Payot, 1988  (⦁ ISBN ⦁ 2228881201)
⦁ Conversations ordinaires (1986), Gallimard (ISBN 2070711749)
⦁ L’enfant et le monde extérieur, Payot, 1988 (ISBN 222888118X)
⦁ Processus de maturation chez l’enfant, Payot, 1988 (ISBN 222888121X)

Articles associés à Winnicott
⦁ Le destin de l’objet transitionnel, ⦁ Journal de la psychanalyse de l’enfant 1/2016, vol. 6, p. 17-24
⦁ Notes sur le jeu, Journal de la psychanalyse de l’enfant 2/2015, vol. 5, p. 37-42
⦁ Le jeu du squiggle, Journal de la psychanalyse de l’enfant 2/2015, vol. 5, p. 29-36
⦁ Jeu dans la situation analytique, Journal de la psychanalyse de l’enfant 2/2015, vol. 5, p. 25-28
⦁ La thérapie comportementale, La lettre de l’enfance et de l’adolescence, no 87 (2012), p. 127-129
⦁ Appétit et troubles émotionnels, ⦁ Revue française de psychanalyse 1/2010, vol. 74, p. 89-109 [⦁ lire en ligne [⦁ archive]]
⦁ Note complémentaire sur le trouble psychosomatique, Che vuoi ? 2/2006 (no 26) , p. 227-230
⦁ L’appétit et les troubles affectifs, Che vuoi ? 1/2006 (no 25), p. 191-212
⦁ Trois inédits : D.W.W on D.W.W. ou le psychanalyste guéri. Question de technique. Psychogenèse d’un fantasme de fustigation, Fait de l’analyse, no 8, 2000, p. 71–90
⦁ Un cas de psychiatrie infantile illustrant une réaction en après-coup à la perte, « Le Deuil », coll. « Monographie de psychanalyse », Paris, Puf, 1998, p. 51–75.
⦁ Les aspects positifs et négatifs de la maladie psycho-somatique, Devenir, no 1, 1990, p. 92–109
⦁ Souvenirs de la naissance, traumatisme de la naissance et angoisse, Psychothérapies, vol. 8, no 3, 1988, p. 115–128
⦁ À propos du self, ⦁ Psychanalyse à l’université, vol. 11, no 42, 1986, p. 211–214
⦁ Liberté, Nouvelle Revue de Psychanalyse, no 30, 1984, p. 69–76
⦁ Le concept d’individu sain, L’Arc, no 69, Aix-en-Provence, 1977, p. 13–27
⦁ La crainte de l’effondrement, Nouvelle revue de psychanalyse, 1975, no 11, p. 35–44
⦁ Le rôle de miroir de la mère et de la famille dans le développement de l’enfant,  Nouvelle Revue de Psychanalyse, no 10, 1974, p. 79–88
⦁ Clivage des éléments masculins et féminins chez l’homme et chez la femme, Nouvelle Revue de psychanalyse, no 7, 1973, p. 301–314
⦁ Le corps et le self, Nouvelle revue de psychanalyse, 1971, no 3, p. 37–52
⦁ La localisation de l’expérience culturelle, Nouvelle Revue de Psychanalyse, no 4, 1971, p. 15–24
⦁ La schizophrénie infantile en termes d’échec d’adaptation, Recherches, n° spécial, décembre 1968, p. 27–31
⦁ Réflexions sur la névrose obsessionnelle et Frankie, Revue française de psychanalyse, vol. 31, no 4, 1967, p. 558–559
⦁ La théorie de la relation parent-enfant : remarques complémentaires II, Revue française de psychanalyse, vol. 27, no 4-5, 1963,  p. 487–527
⦁ La première année de la vie : conceptions modernes du développement affectif au cours de la première année de la vie, Revue française de psychanalyse, vol. 26, no 4, 1962
⦁ Discussion sur la contribution de l’observation directe de l’enfant à la psychanalyse, Revue française de psychanalyse, 1958, no 22/2, p. 205–211
⦁ Régression et repli, Revue française de psychanalyse, vol. 19, no 1-2, 1955, p. 323–330
⦁ Addendum à La place de l’expérience culturelle, [⦁ lire en ligne [⦁ archive]]]

 

Christine Desmarez

15/01/2021