15/05/2017: Le déni

2017 Woensdagseminaries

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Katy Bogliatto va en première partie s’attacher à reprendre la définition du déni chez Freud, pour ensuite élargir son propos à l’évolution du concept notamment chez certains auteurs anglo-saxons, puis à son utilisation, tant dans la psychopathologie que dans la vie quotidienne.

Le concept de déni est une réaction mettant en opposition la perception de la réalité avec son devenir psychique. Freud désignera l’origine du déni à la période de la reconnaissance de la différence des sexes et de la castration : déni de la castration chez la femme, venant comme réaction défensive chez le petit garçon face à l’angoisse de perdre lui aussi son pénis. Freud aborde dès 1909, avec le « Petit Hans », la notion du déni qui sera élaborée plus clairement dans son article sur le fétichisme en 1927.

Freud utilise le terme de Verleugnung, qui marque la coexistence dans le Moi du fétichiste de deux positions inconciliables : à la fois le déni de la perception visuelle de la castration féminine , et à la fois sa reconnaissance, à savoir le deuil de la castration. Le fétiche, substitut du phallus, vient donc marquer le triomphe sur la menace de castration de même qu’une protection contre celle-ci.

Dans deux écrits ultérieurs, « Le Clivage du Moi dans le Processus de défense » (1938) et « L’Abrégé de Psychanalyse » (1938), Freud décrira le déni comme un clivage dans le Moi où se côtoient deux courants : dans l’un, la représentation de la perception est maintenue, mais « floutée » et inconsciente ; dans l’autre courant, conscient, la perception est maintenue dans le Moi.

K. Bogliatto se penche ensuite sur l’emploi du concept de déni dans la littérature analytique, renvoyant à au moins quatre opérations de défense très différentes sur le plan métapsychologique, ceci pouvant porter à confusion :

– le déni de réalité dans la psychose ;

-le déni attaché à l’élaboration fantasmatique, avec ou sans perte de distinction entre fantasme et réalité (Anna Freud) ;

-le déni comme attitude défensive où la perception de la réalité est mise à mal, entièrement ou en partie ;

– le déni tel qu’il a été défini par Freud.

Certains auteurs, anglo-saxons notamment, conçoivent le déni comme une défense se manifestant dès les processus primaires dans un continuum vers une position plus élaborée suivant les processus secondaires. Cette conception s’écarte de celle de Freud, où le déni ne peut survenir à un stade précoce de l’individu, plaçant le déni dans le Moi et non dans le Ca.

Quant à Anna Freud, elle souligne plutôt la non-nécessité des mesures de défense contre les perceptions quand les élaborations fantasmatiques se montrent suffisantes.

K. Bogliatto nous présente une vignette clinique qui permet d’illustrer les développements d’A. Freud ; elle nous décrit comment, à travers le jeu ,son petit patient peut mettre en scène, répéter , et élaborer le vécu d’impuissance dans lequel il se trouve et qui met en tension son angoisse de castration et sa peur de tout détruire. Ainsi, dans le jeu, l’élaboration fantasmatique, consciente de sa toute-puissance, aide à maintenir clivée dans une partie inconsciente du Moi de l’enfant son sentiment irréel de force et de rivalité à l’égard de son père.

Katy Bogliatto, Géraldine Castiau

15/05/2017

Séminaire tenu par Katy Bogliatto et Géraldine Castiau