Lady Bird

Culturele berichten Films

Delen op

Chronique d’adolescence sur fond d’Amérique du Nord post attentats du 11 septembre et guerre d’Irak.
Un ton juste et touchant pour nous faire ressentir les émois de Lady Bird, jeune fille d’aujourd’hui qui voudrait sortir de sa condition sociale et familiale.

Quelques scènes révélatrices de la relation mère-fille nous montrent une mère qui a peur de l’échec et a un mal fou à renvoyer à sa fille une bonne image d’elle-même. La mère travaille en psychiatrie et le père a perdu son emploi. Lady Bird souffre et se sent pleine d’incompréhension face à cette mère qui, pense-t-elle, ne l’aime pas. Elle ne sait comment réagir face aux critiques incessantes de celle-ci qui trouve toujours « le petit mot qui blesse ». Toutes deux butent sur elles-mêmes et n’arrivent pas à nouer un vrai dialogue.

Lady Bird ne pense qu’à obtenir une bourse car elle termine ses études secondaires, pour quitter sa ville de province, Sacramento en Californie, et à aller vers d’autres universités plus loin, vers la liberté et l’autonomie.
Les difficultés financières de ses parents l’en empêcheraient mais elle met toute sa volonté à obtenir ce qu’elle souhaite, elle se lance dans de nombreux petits boulots pour gagner de l’argent et elle obtient cette bourse.
Le film est le portrait d’une jeune fille tout en finesse et d’une mère entière qui n’arrive pas à faire confiance à sa fille. A cause de sa propre anxiété et insécurité, elle a du mal à permettre à celle-ci de réaliser son rêve. Ceci, sans oublier le père, personnage central, attentif à sa fille, qui joue un rôle de tiers par rapport à la mère et sur lequel Lady Bird s’appuie quand elle se sent en doute.

Les comédiens sont nuancés et précis, ils donnent beaucoup de plaisir aux spectateurs qu’ils rendent sensibles au climat de ces interactions conflictuelles et profondément ambivalentes entre la mère et la fille.
Actuellement le film est sorti en DVD et il vaut vraiment la peine d’être vu.

Christine Frisch-Desmarez

Film écrit et réalisé par Greta Gerwig, 2018