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Argument

Ce numéro s’inscrit dans la suite du colloque de la Société belge de psychanalyse : Joyce Mc Dougall, les forces de vie sur la scène analytique, une pensée libre. Son premier ouvrage, paru voici plus de 40 ans, et 10 ans après l’ « interdit d’interdire » de mai 68, révéla l’originalité de la pensée de cette analyste néozélandaise formée à Londres et installée à Paris, dans un monde psychanalytique parisien globalement assez conservateur et peu enclin à sortir des canevas de la trilogie névrose, psychose et perversion d’une certaine psychiatrie psychanalytique.

C’était Plaidoyer pour une certaine anormalité (Gallimard, Paris, 1978). On pouvait lire, dans le quatrième de couverture, que « s‘il est rare d’entendre des psychanalystes plaider pour une certaine anormalité, c’est qu’il est rare aussi d’en rencontrer qui consentent à mettre en question, au-delà même de leur savoir et de leur méthode, leur identité d’analyste. Or c’est aux « cas » qui ébranlent celle-ci que s’intéresse plus particulièrement Joyce McDougall : les patients qui, pour être différents du « bon névrosé classique », sont trop rapidement étiquetés comme caractériels, pervers, narcissiques, psychosomatiques. En fait, pour peu qu’on sache aller au-devant de leur souffrance, ils portent l’analyste aux limites de l’analysable, du représentable, du narrable. C’est sur ce terrain, où il faut sans cesse inventer pour comprendre, que nous conduit l’auteur, avec une exceptionnelle liberté de pensée et de style ».

Cette charmante émigrante, qui dans les années 1990 aimait à offrir avec générosité des lithographies d’un artiste espagnol dont la postérité n’a pas retenu le nom, représentant, dans toutes les couleurs de l’arc en ciel, l’ombre stylisée d’une tête de taureau, n’a-t-elle pas, mieux que beaucoup de ses collègues, pressenti ce qui aujourd’hui nous décontenance ?

Car si les évolutions du capitalisme financier, de l’idéologie managériale – et de la souffrance au travail qui en est l’expression – n’ont cessé de produire depuis des cohortes de ces normopathes auxquels s’était intéressée Mc Dougall dans cet ouvrage, d’un autre côté, la dérégulation à tout crin chère aux économistes ultralibéraux s’est accompagnée d’une ruée vers l’individualisme et d’une remise en question des institutions patriarcales, des normes sexuelles et de genre, exprimant une certaine créativité transgressive voire traumatique également relevée par Mc Dougall.

Précisément, son point de vue essentiel est de considérer tout symptôme ou « acte symptôme » comme une création de l’individu pour sa survie psychique. S’ensuivent la création de néo-réalités, et de néo-sexualités qui remanient les organisations psychiques à l’aune de cette conviction.

Mais peut-on vraiment suivre Mc Dougall dans sa lecture ramenant, de façon un peu simpliste selon certains, tous  ces fonctionnements psychiques à des procédés d’auto-guérison ?

Le dernier ouvrage  de l’auteure : Les mille et un visages d’Eros ; la sexualité humaine en quête de solution, nous propose de nous approcher au plus près de cette quête incessante de la sexualité propre à l’humain. Pour Joyce Mc Dougall, « la sexualité humaine est par essence traumatique » et déjà là à l’aube de la vie dans des états d’amour-haine qui feront le lit de toutes les formes de la sexualité adulte.

Sommes-nous aujourd’hui davantage socialement normopathes – ou apathiques – et, en même temps, plus individuellement transgressifs ? En un mot, beaucoup plus fous ? Et plus dangereux ?

Date limite de réception des articles : 30 novembre 2019